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MAYOTTE avance... puis RECULE

4 janvier 2014 - 20:14

Editorial de Mayotte Hebdo du 8 novembre 2013 par Laurent Cavanate, bien connu pour sa vision aigre-douce de l'île qu'il nous délivre avec clairvoyance et sans concession dans sa chronique hebdomadaire intitulée "ce que j'en pense".

* Faute d'actualité sportive en cette période de vacances et de trêve, la rubrique "Helouki ni garamasou" occupe la place d'honneur sur la page d'acceuil du site.

 

Nu634 – "Zaka koufkirni"      Llouma 08/11/2013

 

Mayotte avance... puis recule

 

Mayotte avance... puis recule. Comme la marée, inlassablement, ramène l'eau sur la plage. Les rues sont nettoyées, puis la première pluie les recouvre de déchets en tous genres qui se dissimulaient dans les caniveaux bouchés, sur les bas-côtés dangereusement remplis de graviers. La Collectivité construit une maison des jeunes à Cavani, puis, détruite avant même sa livraison jamais réalisée, il faut la reconstruire. Et dépenser 200.000 euros qui auraient certainement pu servir à d'autres travaux. La Collectivité construit une salle de cinéma... et le ferme pendant des mois, ou est-ce des années ?...

 

Mayotte avance... puis recule. L'île accueillait des dizaines de paquebots lors de la saison d'hiver dans l'hémisphère nord... puis on est reparti à zéro... Et il faut remobiliser les compagnies, rassu­rer les équipages, intéresser les touristes. Pour espérer retrouver le niveau atteint il y a... 10 ans. Mayotte avance... puis recule. On a eu des vols directs sur l'Afrique du Sud, le Zimbabwe ou le Mozambique, des vols sur Zanzibar ou sur les Seychelles. Puis plus grand chose. Aujourd'hui une nouvelle compagnie rouvre quelques lignes. On a cru un moment toucher le rêve d'une piste longue qui permettrait des vols directs aller-retour sur la Métropole, à des prix abordables. On a eu une belle consultation, des ateliers, une grande tournée, des ministres qui se sont extasiés devant les plans... Aujourd'hui ce rêve s'éloigne, car on nous a promis que des avions puissants pourraient décoller à pleine charge, et faute d'être porté par des élus suffisamment forts et entendus, pendant que la Réunion engage une nouvelle route du littoral sur 12 km à 1,6 milliard d'euros.

 

Mayotte avance... puis recule. Le jour de l'inauguration du premier tronçon de la rocade de M'tsapéré, il y a si longtemps, le directeur de la DE d'alors, et son responsable des routes, annonçaient la suite, d'où l'arrivée en virage abrupt sur le rond-point de Doujani. La rocade devait se poursuivre en contournant Passamainti, Tsoundzou, et aboutir à Dembéni en coupant tous les virages de la descente sur Tsararano. Le gigantesque pont de la Kwalé faisait partie du projet. On a vu le temps qu'il a fallu pour ériger cette œuvre colossale, on imagine combien de temps il faudra attendre pour aménager la sortie sud de Mamoudzou. Alors pour la route sur les hauteurs de Koungou et Kawéni... En attendant chacun perdra son temps, son argent et de la patience dans les embouteillages sur la ruelle nationale, même pas entretenue ni marquée au sol, à la merci du moindre accrochage, de la moindre manifestation qui paralyse toute activité.

 

Mayotte avance... puis recule. Des projets sont lancés, puis oubliés, abandonnés. Pour certains c'est : pas de vague... Pour d'autres c'est : pas les moyens. Pour certains c'est : pas le foncier et pour d'autres encore c'est : trop lointain comme réalisation. Alors ils préfèrent s'engager dans la construction d'un dos d'âne ou d'un rond-point, dans des constructions "temporaires", "provisoires". Ils peuvent suivre leur projet de sa conception à sa réalisation. C'est plus gratifiant peut-être...

 

Mayotte avance... puis recule. C'est ainsi que les projets d'hôtels vont et viennent. Les motiva­tions sont là, les compétences, les expériences parfois. Les emplois potentiels s'affichent, puis disparaissent. Les millions d'euros d'investissement clignotent, puis s'évanouissent dans le lagon, sans que personne n'ait pu les voir, ni les artisans pour bâtir, ni les jeunes pour travailler, ni les touristes pour découvrir les beautés de cette île.

 

Mayotte avance... puis recule. Le Musée de la mer accueillait régulièrement les scolaires au bout de la rue Mahabou. Les techniques de pêche, les richesses du lagon, les mammifères et les tortues, le dugong derrière sa vitre et la collection de coquillages étaient découverts, admirés. Puis la porte a été fermée, tout a été stocké dans un conteneur... Et il y a tant d'Arlésiennes, comme ce musée dont le service culturel du conseil général est en charge depuis... des décennies. Comme l'aménagement des plages, vite engagé et plus vite encore arrêté, suspendu ?, comme le stade territorial de Cavani toujours à l'abandon ou celui de Chiconi au fond d'une ruelle-impasse sans parking...

 

Mayotte avance... puis recule. L'aquaculture était prometteuse, très prometteuse. Le potentiel est toujours là, les conditions de production réunies, les moyens techniques suivent avec Aquamay. L'ifremer voulait y installer son centre. La production s'est lancée... puis l'élan s'est brisé sur des coûts d'exportation et un marché de la Réunion fermé pour des raisons pas si obscures... Mayotte avance... puis recule. L'Etat décide en 1993 de construire des écoles maternelles, de scolariser les enfants dès 5, 4 puis 3 ans. L'espoir est là un moment, porté par la réalité, qui se fracasse ensuite sur des constructions qui ne suivent pas, des entretiens qui ne sont pas assurés, des écoles qui se dégradent d'autant plus qu'elles sont sur-utilisées, tout comme les collèges et les lycées. Et un niveau dramatiquement bas. Le magnifique CHM, fierté de l'île souffre de l'absence de praticiens, de spécialistes.

 

Mayotte avance... puis recule. Comme la marée, inlassablement, ramène l'eau sur la plage, mais sur cette carte postale, d'où le ponton de N'gouja a disparu, le décor reste immuable. Le souci c'est qu'à Mayotte du monde a suivi derrière. Les enfants grandissent, il y en a près de 86.000 qui se sont retrouvés devant des enseignants à la dernière rentrée scolaire. Et 60.000 sont dans le primaire. Ils sont seulement 3 à 4.000 à se présenter sur le marché de l'emploi chaque année. On ne peut pas reculer.

L'explosion démographique arrive vite dans les rues, les jeunes sans qualification y retrouvant des dizaines de milliers de clandestins. Faute d'activité, faute de travail, faute d'argent ils vont le chercher où ils peuvent, dans les champs, dans les maisons, dans les entreprises. Ils cambriolent, volent, braquent, agressent. Et sans (ré)action forte, ils seront chaque jour plus nombreux, plus violents.

 

Mayotte va mal, il faut le dire. Son attractivité est mise à mal, submergée par les problèmes non résolus qui s'accumulent, par les dossiers qui n'avancent pas et trop souvent reculent, par des incompétences, des orgueils ou des jalousies bien mal placés, des manques de courage, des partis politiques inaudibles et si peu porteurs de projets réels, autre que l'élection. Mayotte va mal et c'est bien dommage. Il est temps de remettre sérieusement cette île dans le sens de la marche.

Laurent Canavate

Commentaires

Pl Équipe Pts Jo G N P F Bp Bc Dif
1 FC DU SUD 95 26 22 3 1 0 74 22 0 52
2 RC DE TSIMKOURA 84 26 18 4 4 0 69 26 0 43
3 F.C. DE KANI BE 83 26 17 3 6 0 78 35 0 43
4 AS NDRANAVI 77 26 15 6 5 0 57 27 0 30
5 VSS 69 26 13 4 9 0 56 46 0 10
6 OLYMP.DE TZOUNDZOU 69 26 13 5 8 0 72 40 0 32
7 MAKOULATSA F.C 64 26 11 5 10 0 46 42 0 4
8 ECLAIRE DU SUD 57 25 8 8 9 1 34 39 0 -5
9 C.S. DE M RAMADOUDO 56 26 9 3 14 0 51 67 0 -16
10 U.S. MSTAMOUDOU 52 26 7 5 14 0 49 65 0 -16
11 ASJ MOINATRINDRI 46 26 6 2 18 0 49 86 0 -37
12 LANCE MISSILE 45 26 6 4 16 0 31 48 0 -17
13 US DE BANDRELE 42 26 4 4 18 0 39 81 0 -42
14 ASCEM 36 25 3 2 20 1 29 107 0 -78

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